Historique de l'implantologie : les différentes périodes

Remplacer des dents perdues par un artifice prothétique a été une préoccupation humaine depuis l’aube des temps. De nombreuses découvertes archéologiques l’attestent, tout au long de l’histoire des hommes et en tous lieux. Les artifices sont d’origines variées, minérale, animale et humaine

PERIODE 1999 à aujourd'hui :
En 10 ans, l’implantologie a connu une évolution fulgurante.
Durant ces 10 années, de nombreuses avancées ont eu lieu. Le patient n’est plus, et ne peut être, traité au début 2008 comme en 1999. De nombreuses évolutions en germe à l’époque se sont concrétisées, de nouveaux concepts ont percé et de nouveaux protocoles se sont imposés.
La partie plus innovante englobe :
- L ’utilisation des implants et des minivis au service de l’orthodontie
- L’ancrage squelettique appelé à bouleverser les concepts du traitement orthodontique.
- Le platform-switching destiné probablement à révolutionner les règles de positionnement esthétique et à faciliter le traitement esthétique en préservant au mieux le capital osseux.
- Un nouvel état de surface bioactif, mettant en jeu les nanotechnologies
- La chirurgie ultrasonique, connue également sous le nom de piézo-chirurgie, qui transformera durablement et en profondeur l’équipement en usage dans notre pratique quotidienne

I - Période antique (avant J.-C. à 1000 après J.-C.)

Les premières tentatives d’implantation de dents sont effectuées au temps des dynasties de l’Égypte ancienne et des cultures précolombiennes. Les examens radiographiques des crânes exhumés mettent en évidence une bonne intégration osseuse des racines artificielles en ivoire sculpté (culture précolombienne).

II - Période médiévale (de 1000 à 1800)

Durant cette période, l’implantologie est essentiellement limitée aux transplantations. La transplantation est réalisée d’un patient à un autre par des barbiers-chirurgiens. Les dents sont prélevées chez des individus appartenant aux couches sociales défavorisées. Dès le début du XVIIIe siècle, l’existence d’un risque d’infection et de contamination bactérienne est mentionnée

III - Période fondamentale (de 1800 à 1910)

L’implantologie endo-osseuse commence véritablement à cette époque. En 1809, Maggilio pose un implant en or dans un site post-extractionel. La prothèse est uniquement réalisée après la cicatrisation tissulaire.
Les principes de biocompatibilité et de stabilité primaire sont élaborés par Berry en 1888. Ce dernier insiste sur :
- la nécessité d’une stabilité immédiate de l’implant ;
- l’utilisation de matériaux "sûrs", évitant toute transmission de maladie.

IV - Période prémoderne (de 1910 à 1930)

Payne et Greenfield sont les précurseurs de l’implantologie (au début du XXe siècle).
Une mise en fonction différée de l’implant de 6 à 8 semaines est suggérée, l’importance d’un contact intime os-implant est soulignée. . Un rapprochement avec les principes de la chirurgie orthopédique est établi, les notions de chirurgie « propre » et de mise en fonction différée sont évoquées.

V - Période moderne (de 1930 à 1978)

Cette période commence véritablement à la fin des années 1930. Elle est caractérisée par l’étude de différents biomatériaux ainsi que par l’introduction d’innovations chirurgicales et prothétiques.
Trois types d’implants sont mis au point.
1 - Implants endo-osseux I : Des résultats satisfaisants à 17 ans sont constatés
2 - Implants sous-périostés : Ils sont mis au point en 1941 par Dahl, en Suède.
3 - Implants endo-osseux II : À partir des années 1940, différentes formes d’implants sont créées.
L’implantologie des années 1950 à 1970 a été celle de tous les essais et de toutes les erreurs. Des taux de succès de l’ordre de 50 % à court terme sont parfaitement acceptés et sont considérés comme encourageants

VI - Période contemporaine (ostéo-intégration ou période Brånemark)

Le début de cette période se situe vers la fin des années 1970.
Mise au point du concept de l’ostéo-intégration :
Les premières recherches sur l’intégration tissulaire des matériaux sont réalisées en Suède au début des années 1950. Des connaissances sont acquises sur différents types de matériaux ainsi que sur le rôle du traumatisme chirurgical dans la cicatrisation tissulaire.
En 1965, un premier patient est traité selon les principes de l’ostéo-intégration. Brånemark et al. (1977) introduisent le concept d’ostéointégration liée à l’utilisation d’implants en titane (fixtures de Brånemark) et à la mise en nourrice durant la période de cicatrisation osseuse.

L’ostéo-intégration, est définie par Brånemark et al. (1985) comme étant une "jonction anatomique et fonctionnelle directe entre l’os vivant remanié et la surface de l’implant mis en charge". Ce type d’interface permet le maintien d’un taux de succès élevé à long terme.
Brånemark et son équipe sont ainsi reconnus pour avoir mis au point les principes biologiques de l’implantologie contemporaine : l’ostéo-intégration.

Les caractéristiques les plus fondamentales par rapport à la période précédente résident dans :
- la recherche d’une apposition directe à l’interface os- implant alors que précédemment, une fibro-intégration était recherchée afin de mimer le ligament alvéolo- dentaire ;
- la mise en nourrice de l’implant et sa mise en fonction différée face à une mise en charge la plus immédiate possible.
Depuis lors, l’implantologie a connu un essor sans précédent. Des millions d’implants sont posés chaque année sur tous les continents. De nombreux systèmes implantaires ont vu le jour et des taux de succès de l’ordre de 95 à 100 % sont monnaie courante dans les publications.

VII - Période post-brånemarkienne (mise en charge immédiate avec implants ostéo-intégrés)

Quelques études cliniques et animales publiées au début des années 1990 montrent qu’une mise en charge immédiate des implants peut conduire à un taux élevé d’ostéo-intégration. À la fin des années 1990, le nombre de ces articles va grandissant.

On se penche alors sur la simplification des techniques chirurgicales et prothétiques présentées par l’école suédoise comme des prérequis.
Une des simplifications les plus significatives consiste à s’affranchir de la nécessité de procéder à une mise en nourrice des implants durant 3 à 6 mois. Puis, on élimine la période de mise en charge différée chez le patient à la mandibule édentée, en mettant en place des protocoles de mise en charge immédiate dans les 72 heures. Branemark et al. (1999) finissent eux-mêmes par remettre en cause leurs principes émis quelque 30 années auparavant.

MISE EN CHARGE IMMEDIATE :
En 1999, Brånemark fait son aggiornamento, il publie un article clinique avec un nouveau système implantaire destiné à la mise en charge immédiate.

Le nombre des études, tant cliniques qu’expérimentales, sur la mise en charge immédiate explose à partir de l’année 2000. Les indications limitées au début à la mandibule édentée sont étendues à toutes les situations cliniques d’édentement, dans des sites guéris ou post-extractionnels. Les taux de succès des implants sont élevés, semblables à ceux obtenus par les méthodes classiques de mise en charge différée.

 

Voir le diaporama : édentation totale et mise en charge immédiate

Crédits et Bibliographie